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J’avais plusieurs titres en tête pour ce post : « In extremis », « Tête dure », «&nbspCiel », « Les deux doigts dans le nez »…

Jeudi dernier en me ramenant à mon appartement, Osvaldo m’avait signalé qu’il retournait dans le Parque Nacional du Sajama avec un client, mardi le 4 septembre pour plusieurs jours et que si je voulais me joindre à eux, il arrangerait le tout pour que je tente à nouveau l’ascension de l’Acotango avec Sergio un de ses guides. Une voiture pourrait nous ramener en fin de journée à La Paz. Sur le coup et dans l’état où j’étais (un état au bord du Nebraska, pour les intimes), j’avais haussé les épaules sans vraiment répondre. J’étais aussi sensé aller à Coroico en vélo de montagne, via la route de la mort. Voyage qui se voyait peut-être aussi compromis. Je n’ai pas besoin de vous dire que l’échec de l’Acotango, malgré mes problèmes stomacaux, m’était resté coincé au fond de la gorge.

Les jours ont passés et j’ai livré quelques « post » sur ce blogue un peu pour me faire croire que tout continuait, mais cette montagne me hantait et je trouvais injuste, vu ma forme du moment, que des problèmes de la sorte aient tout bousillé. Bref, je commençais à croire que le mauvais sort s’acharnait sur moi. Entre temps, ma forme revenait peu à peu et je commençais, malgré tout, à me rebâtir une confiance.

L’altitude n’a jamais été facile dans mon cas. J’ai toujours eu de bons maux de têtes à chaque fois que je m’attaquais à une montagne au dessus de 5&nbsp000&nbspm. Il y a quelques jours je pensais à des amis qui ont plusieurs hauts sommets à leur actif et qui me mentionnaient ne pas connaître ces problèmes. Je me demandais bien ce que ça pouvait être de faire l’ascension d’une montagne sans avoir à subir ces mots de têtes. Eh bien, je fus exaucé.

Voilà ce qui s’est passé :

Tombes pré-cambriennes

Me retrouvant en pleine possession de mes moyens à La Paz, j’ai accepté la proposition d’Osvaldo et j’ai remis Coroico aux calendes grecques. Osvaldo est venu me chercher mardi matin, puis nous sommes allés chercher son client, un brésilien prénommé Luiz-Octavio ainsi que Sergio et Maria notre cuisinière. Le voyage s’est bien déroulé. Nous nous sommes arrêtés pour le lunch dans un site archéologique où on retrouve des tombes aymaras datant du précambrien, endroit idéal pour ne pas être dérangé. Luis-Octavio s’est avéré être un personnage particulièrement intéressant; Artiste visuels (il fait de la photo), musicien (il joue de la batterie dans un trio - MAiALUZ), écrivain (O Poeta de Nova York*) et police fédéral au Brésil.

-&nbsp« Luis, quel est le plus beau coup de filet, dont tu peux nous parler, qui te rends le plus fier ? »
-&nbsp« Nous étions 240 policiers et nous avons arrêté d’un coup 60 personnes du milieu des affaires et hommes politiques corrompus ».

La prochaine fois qu’Interpol organise un événement au Canada, il veut poser sa candidature parce qu’il aimerait bien visiter ce pays. Il ne faudrait pas manquer de le recevoir… Ça peut toujours aider.

Dans la nuit du mercredi 5 septembre je me suis lancé à l’assaut de l’Acotango avec Sergio. Nous avons mis 6&nbsph&nbsp30 pour atteindre le sommet et 2&nbsph&nbsp30 pour redescendre. Ce fut une journée magnifique. Je n’ai pas eu de maux de tête de la journée (une première), mais ce ne fut pas facile pour autant.

Toute la montée de l’ Acotango est assez inclinée et mon « cardio » a été sollicité à plusieurs reprises. L’approche se fait dans un amas de sable et de gravillons puis ce sont des rochers et encore du sable et gravillons, suivi d’un champ de penitentes avant d’atteindre le glacier qui se présente comme un mur qui n’en fini plus. Nous y avons probablement passé plus de deux heures. Ce mur nous permet d’atteindre la crête, où nous avons lunché, avant d’amorcer la monté – toujours très inclinée - vers le sommet bolivien qui nous a amené par la suite au sommet chilien (6&nbsp056&nbspm). Avant la journée de mercredi je n’avais jamais foulé des pieds un autre pays en Amérique du sud que la Bolivie. Maintenant j’ai passé une bonne vingtaine de minutes au Chili.

Pierre Robitaille au sommet de l'Acotango

La crête de l’Acotango est généralement très venteuse. Il arrive très souvent que les grimpeurs ne puissent faire le sommet à cause des vents violents. Tout me souriait en cette journée, un soleil radieux et sans vent comme en témoigne la photo du volcan chilien Guallatire qui nous envoyait ses signaux de fumé bien verticaux. La vue du sommet était époustouflante avec tous ces volcans, éteints pour la plus part, qui nous entouraient.

La descente fut des plus amusantes puisque le soleil aidant, la surface du glacier s’était transformée en gros sel. Nous avons « surfé » sur les talons de nos bottes, nos crampons régularisant la vitesse.

Je suis rentré tard mercredi soir à La Paz. Il ne me reste que la journée de jeudi, prenant l’avion vendredi matin à 6&nbsph&nbsp20. Je ne serai pas à Montréal avant minuit. Un diaporama suivra...


*En cours de traduction française et anglaise.