« If anything can go wrong, it will »
Nous sommes partis, comme prévu mardi matin, en direction du Parque Nacional Sajama. Nous avons fait un arrêt dans la petite agglomération de Curahuara. Osvaldo voulait que je visite une église datant du 16e siècle. En fait elle a été achevée en 1608, les gens de Québec y verront une date significative. De plus le saint patron de la municipalité est San Juan el Bautista dont on célèbre l’anniversaire le 24 juin - tiens, tiens... Cette église construite en adobe avec un toit de chaume se découpe très bien sur le ciel bleu de l’Altiplano. En fait l’église de Curahuara est appelé la « Capilla Sixtina de Los Andes* ». Toute l’église est décorée, murs et plafonds, de fresques naïves représentant la vie biblique de l’ancien et du nouveau testament. Les portes nous faisant passer d’un espace à un autre, tel de la nef aux fonds baptismaux, nous permettent de constater comment les gens de cette époque étaient de petite taille. Je ne fus pas déçu et la guide qui nous fit visiter était très intéressante.
Après cette visite nous avons continué notre route vers le Parque Nacional Sajama, notre destination. Le « refugio » est très confortable. J’y avais ma chambre privée. Il y a aussi une source thermale où on peut se baigner. Un groupe de français qui avait tenté l’ascension du Sajama la veille y était, les vents violents en haut du camp d’altitude (5 700 m) les ayant forcés à rebrousser chemin. Les guides qui les accompagnaient étaient tous très sympathiques et j’ai eu beaucoup de plaisir à discuter avec leur cuisinier, un bolivien qui s’appelle Charlie Papa et qui a vécu à Montréal pendant onze années, soit de 1982 à 1993. Évidemment le hockey a fini par prendre sa place, la rivalité Canadiens/Nordiques et il m’expliquait que les boliviens ne le croyaient pas lorsqu’il leur expliquait que les joueurs laissaient tomber les gants pour se battre. Voilà la réputation de notre sport national – à moins que ce soit la crosse ?
Mercredi nous nous étions promis un trek pour aller marcher autour d’une lagune située à (5 000 m). Nous avons pu admirer nombres de Queñuas des arbres poussant à la plus haute altitude. Tout allait bien et nous avons décidé de pousser un peu plus haut, soit à 5 300 m dont les derniers 100 mètres sur une butte de petits cailloux que nous avons redescendue à la vitesse de l’éclaire en « surfant » dans l’éboulis. Nous avons mangé notre lunch couché dans les petits cailloux comme à la plage. Ce fut une très belle journée où nous avons bien rigolé Osvaldo et moi. Ça s’annonçait bien pour cette nuit alors que nous devions nous diriger au pied du glacier de l’Acotango (6 056 m) pour amorcer l’ascension à 4 h du matin. J’étais d’ailleurs en pleine forme. Nous sommes rentrés au refugio. Le groupe de français avaient quitté et nous nous retrouvions donc Jomina notre cuisinière, Osvaldo et moi pour la nuit qui devait s’annoncer courte puisque nous devions nous lever à 2 h du matin. Elle fut encore plus courte. Je me suis couché à 20 h pour me réveiller à 22 h 30 pris de crampes d’estomac. Je dus faire la navette entre les toilettes et mon lit à quelques reprises me soulageant par les deux bouts. À 2 h du matin lorsqu’Osvaldo et Jomina se sont levés, je suis allé les voir pour leur dire qu’ils pouvaient se recoucher et que nous tenterions le sommet de l’Acotango dans la nuit de vendredi, car nous nous étions laissé une journée de flottement. À ce moment j'espérais que mon mal passe et que je puisse compléter ma nuit. Ce ne fut pas possible parce que le restant de la nuit se déroula comme la première partie et que je n’arrivai jamais à me rendormir. J’ai dû mettre un « X » sur l’Acotango et j’ai proposé à Osvaldo de revenir à La Paz jeudi au lieu de vendredi. Le voyage de retour fût pénible…
Ce matin, après une bonne nuit de sommeil, les choses vont mieux. Ayant commencé à prendre des antibiotiques hier, je réfléchis et sous-pèse la suite de mon voyage.
*La Chapelle Sixtine des Andes


